Après des mois de brouille diplomatique entre Alger et Paris, les présidents des deux pays se sont entretenus au téléphone lundi 31 mars, à l’occasion de la fête de l’Aïd-el Fitr. Un premier pas vers la normalisation des relations franco-algériennes qui devrait rassurer les milieux d’affaires français à Alger.
Sahara occidental, visas, détention de l’écrivain Boualem Sansal, propos du ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau sur le « rapport de force » qu’il préconise avec cette ancienne colonie française… Les sujets de discorde diplomatique et politique ne manquent pas entre Paris et Alger. Aussi l’entretien téléphonique hier 31 mars entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune est-il en soi un événement.
Après avoir exprimé leur volonté « de renouveler le dialogue fructueux » initié en 2022, selon un communiqué commun, et être « convenus de la reprise sans délai de la coopération sécuritaire », le Président français a « appelé à un geste d’humanité et de clémence à l’écart de M. Boualem Sansal », condamné à cinq ans de prison le 27 mars.
Les deux présidents ont évoqué les relations économiques. Ils ont en effet « souligné l’importance de développer la coopération économique entre leurs deux pays dans les domaines d’avenir ». « Ils se sont engagés à œuvrer au renforcement des échanges et des investissements », ajoute le document. Ce dernier précise également que la France a proposé son appui « à la révision de l’accord d’association Union européenne-Algérie » qui encadre les relations commerciales depuis 2005.
En 2024, les échanges commerciaux franco-algériens ont atteint 11,1 milliards d’euros (Md EUR), en recul de 4,3 %. Les exportations françaises Algérie ont progressé de 6,6 % en glissement annuel, atteignant 4,8 Md EUR. La France est par ailleurs le troisième investisseur en Algérie, derrière les Etats-Unis et l’Italie. C’est dire si cette nouvelle positive est de nature à éclaircir l’horizon des milieux d’affaires français à Alger, inquiets des répercussions négatives de la brouille diplomatique sur leurs activités économqiues.
Sophie Creusillet