Le président américain a déclaré lors de la première réunion de son cabinet à la Maison Blanche mercredi 26 février, s’apprêter à taxer « prochainement » les importations européennes avec des droits de douane à 25 %. La Commission européenne à Bruxelles a averti qu’elle réagirait « fermement et immédiatement ».
Les détails de cette mesure, notamment son calendrier, n’ont pas été communiqués par l’exécutif américain, mais les exportateurs européens sont enfin fixés sur leur sort : leurs exportations sur le marché américain seront frappées de droits de douane de 25 %, comme celles du Canada et du Mexique. « Nous avons pris la décision et nous l’annoncerons prochainement », a déclaré le président américain.
Il s’est en revanche montré beaucoup plus prolixe sur ses griefs envers l’Union européenne, « créée pour entuber les Etats-Unis » (« formed to screw US »). « Ils n’acceptent pas nos voitures ou nos produits agricoles », a-t-il justifié, évoquant un déficit commercial vis-à-vis des Vingt-Sept de « 300 milliards de dollars » (286 milliards d’euros). Selon les données de la Commission européenne, en 2023, le déficit commercial américain représentait 156,6 milliards d’euros (Md EUR).
Les exportations de biens de l’UE aux Etats-Unis ont en effet atteint 503,8 Md EUR en 2023 tandis que ses importations se sont élevées à 347,2 Md EUR. La balance américaine des services est en revanche excédentaire de 104 Md EUR avec 396,4 Md EUR d’exportations et 292,4 Md EUR.
L’UE entend protéger ses entreprises
« L’Union européenne est le plus grand marché de libre-échange au monde, a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen dans un communiqué réagissant aux propos du nouveau locataire de la Maison Blanche. Et elle a été une aubaine pour les Etats-Unis. » « En créant un marché unique vaste et intégré, l’UE a facilité les échanges, réduit les coûts pour les exportateurs américains et harmonisé les normes et les réglementations dans 27 pays », insiste le texte.
Bien que la Commission appelle à « travailler ensemble pour préserver ces opportunités pour nos citoyens et nos entreprises » et « pas l’un contre l’autre », elle prévient également qu’elle réagirait « fermement et immédiatement » et que « l’UE protégera toujours les entreprises, les travailleurs et les consommateurs européens contre les droits de douane injustifiés ».
A Washington, Donald Trump a balayé d’un revers de main l’éventualité que Bruxelles mette en place des contre-sanctions. « Ils ne le feront pas », a-t-il estimé. « Les effets ne seront jamais les mêmes, parce que nous pouvons partir. Nous sommes la corne d’abondance, ce que tout le monde veut, a-t-il ajouté. Il suffit que nous n’achetions plus rien, et si c’est ce qui se produit, nous gagnerons ».
S’il faut encore attendre les détails de cette annonce, une chose est sûre : le bras de fer commercial qui débute entre Washington et Bruxelles risque d’être particulièrement musclé.
Sophie Creusillet